Accompagnés par trois enseignantes, des élèves de l’Ecole de la transition à Bussigny avaient pris place dans une salle de réunion de la RTS à la Sallaz, mardi 3 février. Face à eux, le journaliste Malick Reinhard leur a précisé les consignes de l’exercice qui les attendait pour les 3h à venir : il fallait préparer l’interview d’une invitée surprise. Nicole Tille (56 ans) est un modèle de résilience. En 1991, alors qu’elle visite l’Australie sac-à-dos, elle est victime d’un gravissime accident de la route. Le chirurgien qui l’opère lui explique qu’il ne peut sauver sa vie qu’au prix de l’amputation d’une de ses jambes…
D’abord intimidés et réservés, les élèves ont été fort surpris d’apprendre que la Suisse compte 1,9 million de personnes handicapées. Dans 80% des cas, les atteintes ne se voient pas (surtout quand elles touchent des seniors). Les élèves ont imaginé les questions à poser. Comment briser la glace ? Comment ne pas démarrer abruptement avec le choc de l’accident ? Comment terminer l’entretien sur une note légère ?
Avec pudeur, Nicole Tille a exprimé la difficulté à se réapproprier son schéma corporel après un tel traumatisme. L’énergie qu’il vaut mieux investir à se reconstruire plutôt qu’à s’apitoyer sur son sort. Maman et grand-maman, politicienne investie dans sa commune de Châtel-St-Denis (FR), elle a fait du tennis (championne de Suisse en double), de la natation, de la varappe…. Elle a parlé de sa foi, qui l’a toujours soutenue, du prix des prothèses (33’000 CHF pour un modèle sophistiqué, dont la durée de vie est de 5 ans). Car elle a toujours refusé le fauteuil : « La société n’est pas faite pour les fauteuils roulants ! C’est presque un outil d’exclusion. » (texte et photo CGS)
